Mendoza et Cuyo
Adossée aux Andes, la région concentre 75 % du vignoble argentin, l'ascension de l'Aconcagua et les paysages désertiques d'Ischigualasto et Talampaya.
Mendoza et Cuyo couvrent une bande aride adossée à la cordillère des Andes, entre les provinces de Mendoza, San Juan et La Rioja. Notre agence locale travaille principalement depuis la ville de Mendoza, à 1 050 km à l'ouest de Buenos Aires, point d'entrée logique de la région avec son aéroport international El Plumerillo. Le contraste structure tout : à l'est, le piémont semi-désertique où ne pousserait rien sans irrigation ; à l'ouest, les sommets enneigés de la pré-cordillère puis la cordillère principale, dominée par l'Aconcagua à 6 962 m. Entre les deux, les vignes occupent les terrains aménagés depuis la fin du XIXe siècle par les immigrants italiens et espagnols.
Le vignoble argentin tient ici. Mendoza produit environ 75 % du vin du pays, et le malbec, cépage venu de Cahors, y a trouvé son terrain d'expression : sols alluvionnaires, faible pluviométrie (200 mm par an), amplitudes thermiques jour-nuit de 15 à 20 °C en saison. Trois zones se visitent : Luján de Cuyo et Maipú, en périphérie immédiate de la ville, parfaites pour une journée à vélo entre bodegas ; et la Vallée d'Uco, à 1 h 30 au sud, entre 1 000 et 1 500 m d'altitude, où les vins gagnent en tension et en fraîcheur. Les villages de Tupungato, Tunuyán et San Carlos servent de bases pour explorer cette vallée.
Au-delà du vin, la région propose un terrain de montagne sérieux. La Quebrada del Condor et le parc provincial de l'Aconcagua se rejoignent par la RN7, route internationale qui franchit la cordillère au col de Cristo Redentor (3 832 m) avant de basculer vers le Chili. Le tronçon entre Uspallata et Puente del Inca, ancienne station thermale aux concrétions minérales orangées, traverse des paysages de haute altitude qui rappellent l'Altiplano. Plus au sud, San Rafael donne accès au Cañón del Atuel, gorge sculptée par le río du même nom, et à des descentes de rafting entre classe II et IV selon la saison.
San Juan et La Rioja complètent la région avec deux sites moins fréquentés : le parc national d'Ischigualasto, surnommé Valle de la Luna pour ses formations sédimentaires grises et ses fossiles triasiques, et le parc national de Talampaya, dont les falaises rouges atteignent 150 m. Les deux se visitent en circuit depuis San Juan, comptez deux jours pleins pour ne pas bâcler. La route entre Mendoza et San Juan, soit 170 km, traverse le bassin viticole de Pedernal, en plein développement qualitatif.
Côté table, on mange ici plus de viande de chèvre (chivito) qu'ailleurs en Argentine, notamment à Malargüe et dans le sud mendocino. Les empanadas mendocinas sont cuites au four et incluent des olives entières. La fête des vendanges, la Fiesta Nacional de la Vendimia, se tient début mars à Mendoza : défilés dans les quartiers, élection de la reine, spectacle nocturne au Théâtre grec Frank Romero Day. C'est la période la plus animée de l'année, mais aussi la plus saturée côté hébergement.
Cuyo, c'est aussi une culture du temps long. Les habitants, les cuyanos, partagent peu avec les porteños de Buenos Aires : plus rural, plus andin par la musique (la cueca, la tonada), tourné vers le Chili autant que vers l'est argentin. Nos guides locaux insistent sur ce point : venir ici pour le seul malbec serait passer à côté de la moitié de la région.
À découvrir
Vallée d'Uco et bodegas d'altitude. Journée entre Tupungato et San Carlos, à 1 000-1 500 m, dégustations dans des domaines comme Salentein ou Andeluna, vue directe sur le Tupungato à 6 570 m depuis les vignes.
Route du Cristo Redentor vers l'Aconcagua. Remontée de la RN7 jusqu'au parc provincial : arrêt à Puente del Inca, randonnée à la Laguna de los Horcones face à la paroi sud de l'Aconcagua, retour à Mendoza dans la journée.
Ischigualasto et Talampaya. Deux jours dans les parcs de San Juan et La Rioja, formations sédimentaires datant du Trias, falaises rouges parcourues en 4x4 et accès à pied à la Garganta del Cañón.
Fiesta de la Vendimia à Mendoza. Première semaine de mars, spectacle au Théâtre grec, processions dans les départements viticoles, hébergement à réserver six mois à l'avance sur cette période.
Rafting sur le Río Mendoza ou le Río Atuel. Descentes de classe II à IV selon le débit, plus soutenues entre novembre et janvier à la fonte des neiges. Demi-journée au départ de Potrerillos ou San Rafael.
Quand y aller
La meilleure fenêtre s'étend d'octobre à avril. Le printemps austral (octobre-novembre) offre des températures douces, 22 à 26 °C en journée à Mendoza, des amandiers et cerisiers en fleurs dans la Vallée d'Uco, et des cols andins déjà rouverts. L'été (décembre-février) est chaud et sec, 30 à 35 °C en plaine, mais les nuits restent fraîches en altitude. Mars correspond aux vendanges et à la Fiesta de la Vendimia, période la plus dense côté oenotourisme mais aussi la plus fréquentée. L'automne (avril-mai) reste agréable, avec des couleurs cuivrées dans les vignes et des températures de 18 à 22 °C.
L'hiver (juin à septembre) demande plus de prudence. La pluviométrie reste faible, environ 10 mm par mois, et le ciel souvent dégagé donne de très bons panoramas sur les Andes enneigées. En revanche, le col du Cristo Redentor vers le Chili ferme régulièrement après les chutes de neige, parfois plusieurs jours d'affilée, et l'ascension de l'Aconcagua n'est pas envisageable. Les températures à Mendoza descendent à 3-12 °C, et bien plus bas en altitude. C'est une bonne saison pour les visites de bodegas et le ski à Las Leñas ou Penitentes, mais pas pour un programme montagne ambitieux.
Conseils pratiques
Comptez 4 jours minimum pour Mendoza et la Vallée d'Uco, 6 à 7 jours pour intégrer la haute montagne (Aconcagua, Puente del Inca) et une incursion à San Rafael ou dans les parcs de San Juan et La Rioja. L'accès se fait par vol direct depuis Buenos Aires, 1 h 50, plusieurs fréquences quotidiennes. Une location de voiture est utile pour la Vallée d'Uco et la RN7, sinon nous organisons les transferts avec chauffeur, ce qui permet de déguster sans contrainte.
La région se combine très bien avec le Nord-Ouest andin via un vol Mendoza-Salta (2 h 10), prolongeant la thématique des paysages d'altitude et des vignobles, ceux de Cafayate prenant le relais. La liaison avec la Patagonie des lacs (Bariloche) se fait aussi en avion. L'enchaînement avec Buenos Aires reste le plus naturel en début ou fin de séjour. Le confort hôtelier va de la posada de charme dans les vignes aux lodges contemporains de la Vallée d'Uco, avec une montée en gamme nette ces dix dernières années. Cuyo convient particulièrement aux amateurs de vin, aux randonneurs et aux couples cherchant un rythme posé entre dégustations et excursions à la journée. Les familles avec enfants y trouvent aussi leur compte côté rafting, équitation et observation des condors.

